L’IA d’Elon Musk accusée de dérives graves, Apple interpellée
Des sénateurs demandent son retrait immédiat.
Si vous utilisez iCloud pour stocker vos photos, Apple avait prévu en 2021 de les analyser automatiquement pour détecter des contenus pédopornographiques. Le système devait comparer chaque image à une base de données, directement sur l’iPhone. Cela revenait à scanner toutes vos photos privées, ce qui avait provoqué un rejet massif. Apple avait abandonné l’idée fin 2022, en promettant de renforcer la confidentialité.
En 2024, l’Union européenne avait tenté d’imposer un système similaire, cette fois dans les messageries comme iMessage ou WhatsApp. Cela aurait nécessité de désactiver le chiffrement de bout en bout, et donc de rendre les conversations privées de tous les utilisateurs accessibles à un algorithme. Le projet avait finalement été abandonné après de nombreuses critiques.
Ce refus généralisé, aussi bien du côté des grandes plateformes que des autorités, avait été pointé du doigt en 2025, après plusieurs cas de sextorsion visant des adolescents. Des associations et responsables politiques avaient alors critiqué l’inaction d’acteurs comme Apple, malgré la hausse des signalements. Le sujet refait surface aujourd’hui avec l’IA Grok, accusée d’avoir généré des images sexuelles mettant en scène des mineurs.
Trois sénateurs américains demandent le retrait immédiat de Grok
Trois sénateurs américains réclament officiellement le retrait de Grok et de l’app X de l’App Store. Ils accusent l’IA d’Elon Musk d’avoir permis la génération d’images sexuellement explicites à partir de photos de personnes réelles, y compris des mineurs.
Dans une lettre ouverte adressée à Apple et Google, trois sénateurs américains ont exigé la suspension immédiate des deux applications, le temps qu’une enquête complète soit menée. Ils dénoncent l’absence de garde-fous et la passivité d’Elon Musk. Le milliardaire aurait simplement restreint la fonction de génération d’image aux abonnés payants, tout en la maintenant librement accessible depuis le site.
Deux pays ont déjà bloqué l’accès à l’outil
La Malaisie et l’Indonésie ont par conséquent décidé de bloquer Grok sur leur territoire, estimant que les mesures mises en place par X ne suffisent pas à empêcher la génération de contenus sexuels non sollicités, y compris lorsqu’ils concernent des enfants.
Le régulateur britannique Ofcom a lui aussi ouvert une enquête, évoquant une possible infraction à la loi sur la sécurité en ligne. Dans leur lettre, les sénateurs écrivent que « le contraste est frappant avec la rapidité avec laquelle vous avez supprimé l’application ICEBlock à la demande de la Maison-Blanche ». Apple n’a pour le moment pas réagi à l’affaire.
