Pénurie de RAM : Apple prêt à se fournir chez un fabricant blacklisté par les USA
Comment le gouvernement de Donald Trump va-t-il réagir ?
Apple vient de prendre l’une des décisions les plus impopulaires de son histoire récente : augmenter ses prix. Les Mac, iPad et produits pour la maison ont vu leur tarif grimper drastiquement la semaine passée. Plus de 200 € de hausse pour le MacBook Air, 150 € pour l’iPad Air et même 500 € pour le Mac Studio. La faute à la pénurie de RAM qui frappe l’industrie technologique, indique Apple. L’entreprise américaine compterait sur un fabricant très contesté pour trouver la mémoire dont elle a besoin.
Apple se tourne vers une entreprise sur une liste noire pour se fournir en RAM
Le « RAMmageddon » est le nom officieux de la période de crise que traverse actuellement l’industrie de la tech. SK Hynix, Samsung et Micron produisent à eux seuls 90 % de la RAM mondiale. Ces fabricants privilégient la conception de HBM indispensables aux centres de données d’IA. La HBM étant bien plus rentable que la RAM classique, SK Hynix, Samsung et Micron préfèrent fournir les principaux consommateurs d’IA que sont Google, Microsoft, Amazon.
Micron n’a pas hésité à pointer du doigt la responsabilité d’Apple dans cette crise. La marque à la pomme, tellement dominante sur le marché, était en position de négocier les prix de la DRAM et de les tirer vers le bas. De quoi empêcher Micron d’investir dans de nouvelles usines ou des protocoles d’industrialisation.
La firme de Cupertino se tournerait désormais vers un acteur bien plus obscur pour retrouver la mémoire. La direction d’Apple aurait contacté l’administration Trump afin d’obtenir l’autorisation d’acheter des puces mémoire auprès du fournisseur chinois CXMT, d’après le Financial Times.
CXMT, quatrième producteur mondial de DRAM, figure sur la liste 1260H. Ce document établi par le Pentagone recense les entreprises soupçonnées d’avoir des liens avec l’Armée populaire de libération (au service du Parti communiste chinois) et donc capables de porter atteinte à la sécurité nationale des États-Unis. Apple aurait déjà contacté le ministère du Commerce il y a plus d’un mois, ainsi que le gouvernement de Donald Trump et d’autres instances à Washington, pour obtenir un feu vert.
John Moolenaar, président républicain de la commission de la Chambre des représentants chargée des relations avec la Chine, estime qu’Apple ferait une « grave erreur » en concluant un accord avec CXMT. Un tel partenariat rendrait l’industrie technologique américaine encore plus dépendante de la Chine, d’après lui. Apple est-il prêt à se mettre à dos une partie des instances américaines et le gouvernement Trump pour sa santé financière ? Les prochaines semaines nous livreront la réponse.
