Netflix et Amazon hors-jeu : comment Apple a raflé la Formule 1 sous leur nez
Coup de théâtre dans le streaming sportif : Netflix et Amazon abandonnent la grille, Apple prend la pole position.
Voilà une manœuvre digne d’un dépassement de Verstappen au dernier virage d’un grand prix : Apple serait sur le point de s’offrir les droits de diffusion de la Formule 1 aux États-Unis. Une négociation à plusieurs centaines de millions de dollars, dont l’annonce pourrait tomber lors du Grand Prix d’Austin, du 17 au 19 octobre. Selon Puck et Business Insider, la firme de Cupertino aurait proposé près de 150 millions de dollars par an, soit le double de ce que payait ESPN, l’actuel détenteur des droits depuis 2018. Une somme record, qui laisse Netflix et Amazon loin dans le rétroviseur ; les deux géants ayant décidé, contre toute attente, de rester dans les paddocks.
N’y voyons pas là une quelconque bénédiction du Saint-Esprit ; depuis le succès mondial de F1: The Movie, le blockbuster produit par Apple Studios avec Brad Pitt, couronné par plus de 600 millions de dollars de recettes, la marque à la pomme semble avoir pris goût à la vitesse. L’entreprise a également compris que si elle s’offrait la Formule 1, elle garnirait ses poches d’une franchise planétaire légendaire et d’une arme puissante pour séduire un public américain plus jeune, redynamisé par le succès de F1: The Movie.
Un virage parfaitement négocié
Apple n’entre jamais dans une course sans s’être lourdement préparée et tout nous indique que cette nouvelle offensive sur la Formule 1 a été mûrie bien en amont. Les premières discussions avec Liberty Media, propriétaire du championnat, remontent à juillet 2024, soit quelques semaines après la sortie triomphale du film avec Brad Pitt. Coïncidence ? Difficile à croire.
Les sources du journaliste Peter Kafka de Business Insider l’affirmaient dès juillet :« L’accord était pratiquement acquis pour Apple ». Rappelons que la firme est déjà détentrice, jusqu’en 2032, des droits mondiaux du soccer américain (MLS) via un accord pluriannuel d’une valeur proche de 2,5 milliards de dollars. Après avoir conquis ce sport mythique outre-Atlantique, il semble logique qu’Apple veuille désormais poser sa patte sur la discipline reine du sport automobile.
La Formule 1 serait ainsi le troisième pilier sportif, après le baseball et le soccer qui permettrait à Apple d’asseoir son autorité dans le streaming sportif. La marque ne cherche pas la quantité, mais l’exclusivité et la reconnaissance, contrairement à Amazon, qui accumule les licences sans faire forcément de distinction (NFL, Roland Garros, Ligue 1, etc.). Chacun son ADN !
Derek Chang, dirigeant de Liberty Media, ne s’y trompe pas : « Nous cherchons à agrandir la base de fans américains, et Apple a déjà prouvé qu’elle savait parler à cette génération ». Grâce à F1: The Movie, Apple a réussi à transformer une discipline assez élitiste en une thématique abordable et désirable pour une audience a priori peu sensible aux rugissements des V6 et des championnats à rallonge. Veni, vidi, vici, comme on le dit parfois.
L’exclusivité ou rien : la stratégie inflexible d’Apple
En retour, Apple exige néanmoins que le service F1 TV, plateforme officielle de la Formule 1, cesse d’opérer aux États-Unis. Une chicane jugée « incontournable » à négocier pour l’entreprise. « Apple refuse de payer 150 millions par an pour des droits qui seraient partagés avec une autre plateforme », rapporte John Ourand du média Puck.
Aux États-Unis, F1 TV tourne à plein régime ; y renoncer, pour Liberty Media, ce serait couper le moteur d’une activité extrêmement rentable, au seul bénéfice d’Apple.
Un accord pourrait encore voir le jour, mais pour le moment, le rapport de force reste largement favorable à Apple. La firme a tout pour elle : la puissance et la qualité de production, son contrôle presque intégral de sa chaîne technologique et son aura de marque. Bref, tout ce dont un bon partenaire rêve sans le dire publiquement.
Pour F1: The Movie, Apple a mis la main à la pâte : ses ingénieurs ont conçu des caméras spéciales, dérivées de l’iPhone, pour filmer au cœur de la course. Une manière de montrer sa supériorité en prouvant qu’elle peut imposer ses propres standards esthétiques dans un univers aussi codifié que la F1.
Si l’accord se signe bien à Austin dans une dizaine de jours, la marque à la pomme bouclera l’un de ses plus grands partenariats de la décennie depuis l’acquisition des droits de la MLS en 2022. Un coup magistral, qui lui permettra d’unir trois domaines qu’elle maîtrise déjà à la perfection : le sport, l’image et la technologie. Rien n’est encore finalisé, mais, ce qui est certain, c’est qu’Apple n’a jamais mis autant de moyens dans une course qu’elle semble déjà avoir gagnée.
- Apple est en passe d’obtenir les droits de diffusion de la Formule 1 aux États-Unis, devançant ESPN, Netflix et Amazon avec une offre record.
- Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large d’expansion dans le sport, après le football et le baseball, pour renforcer l’attractivité d’Apple TV+.
- Si l’accord se concrétise, il symbolisera la volonté d’Apple de fusionner sport, technologie et image pour imposer sa vision du spectacle moderne.
