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Un projet de loi américain veut interdire les VPN pour bloquer le porno… jusqu’à menacer les mangas

Un projet de loi républicain fait polémique outre-Atlantique. Sous couvert de moralité publique, le texte menace bien plus que la pornographie : VPN, ASMR, mangas et même l’expression des personnes transgenres sont dans le viseur.

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Pornhub
© Piotr Swat / Shutterstock.com

Le Michigan s’apprête-t-il à franchir une ligne rouge en matière de censure numérique ? L’“Anti-Corruption of Public Morals Act” est porté par une frange du parti républicain et suscite une levée de boucliers. Si l’objectif affiché est de lutter contre la pornographie en ligne, la rédaction du texte laisse entrevoir une dérive autoritaire qui pourrait impacter des millions d’utilisateurs.

Une définition dangereusement élastique

Le cœur du problème réside dans la définition extrêmement floue de ce qui constitue un contenu “obscène”. Selon 01net, le texte ne se contente pas juste de viser les contenus pornographiques traditionnels mais il englobe explicitement “le contenu ASMR érotique, les gémissements, ou le contenu vocal sensuel”, ainsi que “les vidéos, la littérature érotique, les magazines, les histoires, les mangas, le matériel généré par intelligence artificielle, les flux en direct ou les clips audio”.

Avec une telle formulation, des œuvres grand public comme Cinquante nuances de Grey ou des films cultes contenant des scènes suggestives pourraient être criminalisés. Plus grave encore : le texte mentionne explicitement le “transgendérisme” dans sa définition de l’obscénité, ciblant directement une communauté plutôt qu’un type de contenu. Une dérive qui a immédiatement alerté les associations de défense des droits humains.

L’autre aspect préoccupant concerne les réseaux privés virtuels, ou VPN, à l’instar de NordVPN. Les auteurs du projet voient ces outils comme un moyen de contourner la loi et souhaitent donc les interdire. Cette obsession anti-VPN rappelle étrangement la situation française où l’Arcom a imposé aux sites pour adultes une vérification d’âge stricte. Face à cette obligation, des plateformes majeures comme celles du groupe Aylo (propriétaire de Pornhub et YouPorn) ou le site Tukif ont préféré se rendre inaccessibles depuis la France. Résultat : les utilisateurs se tournent vers les VPN pour y accéder et démontrer l’inefficacité de ces mesures.

En France comme au Michigan, la même question se pose : faut-il sacrifier des outils essentiels à la sécurité numérique au nom d’une moralité publique ? Car les VPN ne servent pas qu’à contourner des blocages : ils protègent les connexions sur Wi-Fi public, préservent la vie privée face aux annonceurs et permettent le télétravail sécurisé pour des millions de salariés.
Un retour en arrière déjà amorcé

Face à la polémique, les auteurs du texte semblent faire marche arrière. Le député Joshua Schriver, co-auteur du projet, a annoncé vouloir “rédiger un amendement pour supprimer certains aspects” afin de se concentrer uniquement sur l’“éradication de la pornographie”.

Cet aveu tardif confirme l’indéfendabilité de la première version. Mais comme le rappelle très justement 01net, “la liberté en ligne n’est jamais un acquis”. Que ce soit dans le Michigan ou en France, ces tentatives de régulation montrent la difficulté de légiférer sur Internet sans tomber dans la censure ou l’inefficacité. Entre protection des mineurs et préservation des libertés fondamentales, l’équilibre reste précaire et la vigilance, indispensable.

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Par : Keleops AG
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