Au nom de l’IA, l’Europe entame un recul historique sur les RGPD
L’Europe vient de marquer un coup d’arrêt aussi brutal qu’inattendu dans l’optique de protéger ses concitoyens.
Si vous êtes un internaute depuis 2018, vous avez connu une Europe sans RGPD. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a eu un avant et un après la mise en place de cette réglementation. Premier véritable coup de force à l’échelle européenne (dans le secteur du numérique) l’arrivée du RGPD a rebattu de nombreuses cartes et mis en place des obligations.
La plus visible d’entre elles, c’est la nécessité de demander explicitement aux utilisateurs leur consentement pour utiliser les cookies, ces fameux traceurs très utiles pour le marché de la publicité en ligne. Vitaux dans un internet gratuit, ces cookies étaient récupérés sans consentement, jusqu’à l’arrivée du RGPD.
Mais les choses viennent de changer. La Commission européenne vient de « modifier » le RGPD. Dans cette nouvelle version le consentement de l’utilisateur n’est pas forcément nécessaire. Les navigateurs internet pourront avertir les sites internet des préférences de l’utilisateur. Conséquence direct pour nous, les énervantes pop-up vous demandant de bien vouloir accepter les cookies disparaitront. Une formidable nouvelle dirons certains, mais la fin de cette mesure est en réalité l’arbre qui cache la forêt.
Développer l’IA, au prix de nos données
Un peu plus loin dans ce même communiqué de presse on apprend que le RGPD a également été modifié pour faire face aux nouveaux défis de l’intelligence artificielle. L’Europe soucieuse de jouer un rôle majeur dans le développement de cette technologie semble prête à toutes les concessions.
Le RGPD stipule désormais que les données personnelles utilisées pour entraîner des IA pourront être collectées sans le consentement éclairé de l’utilisateur. Face à ces modifications importantes, les associations de consommateurs n’ont pas tardé à réagir.
L’European Digital Rights (EDRi) parle d’un « retour en arrière majeur ». « Ces changements donnent aux autorités étatiques et aux entreprises puissantes plus de place pour collecter et traiter les informations personnelles avec une surveillance limitée et une transparence réduite. »

Soldaf inconu
20 novembre 2025 à 22 h 55 min
Google sera content, déjà que ceux qui travaillent dans ses boites se fichent de nous en trouvant d’autres moyens pour nous pister, etc…😡😡
Ils n’ont même pas honte de travailler dans cette boite…👎🏻👎🏻
SViger
21 novembre 2025 à 6 h 53 min
Comme Canadien, et surtout comme consultant en TI depuis un peu plus de 25 ans, la Commission européenne avec son RGPD AVAIT gagnée une crédibilité, tandis que l’arrivée du DMA lui a fait perdre celle acquise à mes yeux.
Aujourd’hui, avec le retour en arrière du RGPD, i.e. l’abolition de l’Avis sur Cookies et la permission, sans consentements éclairés des utilisateurs, aux IA de vampiriser nos données pour les (IA) rendre plus “intelligentes”, vient d’anéantir ce qui pouvais rester de la crédibilité que je pouvait donner à cette Commission.
Sans verser dans les théories du complot, nous pouvons nous questionner sur le réel intérêt de cette commission; celle d’une réglementation pour le respect de la vie privée des citoyens européens (ce qu’elle disait préconiser) ou les intérêts directs des États européens et de leurs nouveau amis de la tech, qui étaient NON GRATA jusqu’à aujourd’hui ?
Nous avions déjà la réponse lorsque le DMA à imposé 1-de permettre la concurrence à la boutique officielle d’applications Apple, 2-l’obligation de permettre le side downloading sur les iPads et iPhones en plus 3-d’obliger (à grande échelle) Apple à accepter le paiement d’abonnements en dehors de son magasin d’applications.
Point 1 et 2 : À la suite de cette mise en place, certains (plusieurs) ministères de pays européens auraient demandé à Apple de tout faire pour renverser la vapeur, car désormais, les ministères ne pouvaient même plus considérer l’iPhone (et iPad bien sûr) comme sécuritaire pour l’usage par l’État. La réponse d’Apple “Faites-vous entendre auprès de votre commission”. Apple n’a-t-il pas raison ?
Point 3 : En obligeant Apple à accepter à grande échelle que le paiement de services-abonnement puisse se faire en dehors du magasin officiel d’Apple, i.e. sur le site web même des fournisseurs (sous un faux prétexte de service moins coûteux ainsi), les consommateurs sont depuis livrés à la pâture de fournisseurs de services (jeux, outils et autres qui incluent de plus en plus d’arnaques). Il n’est pas rare qu’un fournisseur de services ne permette pas le désabonnement à partir de son site. Tout aussi dommageables, sinon plus, des fournisseurs, ne fournissant pas de possibilité de désabonnement, facturent presque quotidiennement (à tous les 2 ou 3 jours) un montant censé être facturé mensuellement. Le seul recours des utilisateurs (clients) est tout “simplement” le remplacement de leur carte bancaire.
Je ne crois plus que la Commission existe pour oeuvrer dans l’intérêt de ses citoyens.