France : Apple poursuivie pour avoir gonflé le prix de Spotify sur iPhone
Des abonnés français veulent se faire rembourser plusieurs années de surtaxe.
Une procédure rare vient d’être engagée en France contre Apple. L’association de consommateurs Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) l’accuse d’avoir contribué à faire grimper le prix des abonnements Spotify, Deezer ou YouTube Music sur iPhone. Cette action en justice marque une suite directe à l’alerte lancée en mars 2025, quand la CLCV avait commencé à recueillir les témoignages d’abonnés concernés.
En mai 2025, nous avions déjà montré que l’abonnement YouTube Premium coûtait 4 euros de plus via l’application iOS, à cause des frais imposés par l’App Store. Ce surcoût de 1 à 4 euros par mois touche uniquement les abonnements payés depuis l’application, alors que le tarif est souvent plus bas en passant par le site du service.
Cette différence vient du fait que la plupart du temps, les développeurs d’application choisissent de compenser la commission prélevée par Apple en augmentant leurs tarifs sur l’App Store. Ce sont donc les utilisateurs qui se retrouvent à payer la différence, sans aucun avantage supplémentaire sur le contenu ou les fonctionnalités.
Un procès directement en France, pour les utilisateurs français
CLCV a officiellement assigné Apple devant le tribunal judiciaire de Paris début novembre. Cette action de groupe, encore peu courante dans le pays, regroupe des abonnés français ayant payé leur forfait musical via l’App Store entre 2011 et 2025.
L’association explique que « Cette action a pour objectif de faire indemniser l’ensemble des consommateurs concernés. » Elle évoque un double préjudice, économique d’une part, moral d’autre part, en raison de la privation d’information et du manque de liberté de choix. L’affaire dépasse donc la simple question du prix.
Si vous avez activé votre abonnement Spotify ou Deezer depuis l’application iPhone à cette période, vous pourriez faire partie des personnes concernées.
Une action qui s’appuie sur l’UE
CLCV fonde son action sur une décision européenne de mars 2024 qui avait condamné Apple à 1,8 milliard d’euros pour abus de position dominante. La Commission reprochait à la marque d’imposer son propre système de paiement aux développeurs et de bloquer toute communication sur des alternatives plus avantageuses. Ce socle juridique permet désormais d’agir en justice au niveau national.
Apple conteste l’ensemble des accusations qui lui sont portées. Un porte-parole de la marque affirme que « cette action en justice est sans fondement. Le marché européen de la musique numérique est prospère et concurrentiel, et les consommateurs ont plus de choix que jamais en matière de services de streaming musical ». Cupertino rappelle aussi que Spotify ne verse plus de commission depuis 2018, tout en ayant augmenté ses prix.
Dans un autre dossier, Apple a déjà défendu son modèle économique face à des accusations similaires. Lors du conflit judiciaire contre Epic Games aux États-Unis, la firme expliquait que les grandes plateformes comme Spotify ou Epic bénéficient pleinement de l’infrastructure App Store sans vouloir en financer les coûts. Elle mettait en avant le rôle central de sa commission, présentée comme une compensation équitable pour l’accès à des millions de clients, mais aussi pour l’ensemble des services techniques qu’elle assure.
Apple évoquait notamment la sécurité du système, la distribution mondiale, les outils fournis aux développeurs et l’assistance permanente pour maintenir leurs applications à jour et compatibles avec des appareils comme l’Apple Watch ou CarPlay. Selon Cupertino, ces services ont un coût réel, et il serait incohérent que les plus grosses plateformes y accèdent sans participer à leur financement.
D’un point de vue utilisateur, il est cependant compréhensible de se sentir lésé. Un abonnement souscrit à tarif réduit sur le site d’un service donne exactement accès au même contenu que celui acheté via l’App Store. La seule différence repose sur le confort et la sécurité offerts par l’écosystème Apple, ce qui ne suffit pas toujours à justifier un prix plus élevé.
Il est possible que vous soyez concerné
Cette fois, le procès se déroule en France et concerne uniquement les abonnés français. Cela pourrait déboucher sur une indemnisation, si la justice reconnaît un préjudice collectif.
Si vous étiez abonné à l’un des services de streaming musical concernés, entre 2005 et 2025, vous pourriez rejoindre la plainte. Vous n’avez pour l’instant aucune démarche à faire, mais il est recommandé de conserver vos justificatifs d’abonnement. En cas de victoire, tous les utilisateurs concernés pourront potentiellement réclamer un remboursement, à condition de prouver qu’ils ont bien été facturés via l’application durant cette période.
Ce n’est par ailleurs pas la première fois qu’Apple va faire face à la justice française… Une autre affaire vieille de plus de dix ans a récemment refait surface, avec un procès relancé autour des pratiques d’Apple avec les opérateurs téléphoniques.

Haznut
25 novembre 2025 à 9 h 31 min
Fallait choisir Deezer.
Qui est mieux conçu. Avec des fonctionnalités présentes depuis des années. Et qui sait reconnaître les compositeurs IA.
Et dont vous ne parlez jamais par ailleurs (tout comme Qobuz et SoundCloud).