Apple et Donald Trump : le verdict que personne n’attendait
La justice américaine vient de rendre un verdict qui devrait tout changer pour Apple.
Entre la flambée du prix de certains composants électroniques et les taxes imposées par Donald Trump depuis avril 2025, on s’attendait à ce que le prix de certains appareils Apple explose en 2026, en particulier celui de l’iPhone. La firme à la pomme, qui assemble la majorité de ses iPhone en Chine et en Inde, avait accumulé environ 3,2 milliards de dollars de frais de douane en moins d’un an.
Deux tribunaux avaient d’ailleurs déjà jugé ces taxes illégales au cours de l’année 2025, sans que cela ne change quoi que ce soit dans les faits. Une première bonne nouvelle vient à présent rassurer l’ensemble du marché.
Un vote sans appel à la Cour suprême
La Cour suprême des États-Unis a tranché ce vendredi 20 février, par un vote de 6 contre 3, en confirmant que Donald Trump n’avait en réalité pas le droit de décider seul de ces taxes. Le juge en chef John Roberts a rappelé que seul le Congrès américain, c’est-à-dire les élus, possède le pouvoir de créer de nouvelles taxes. Le président s’était appuyé sur une loi d’urgence pour agir seul, mais la Cour a estimé que cette loi ne lui donnait tout simplement pas ce droit. Deux des juges que Donald Trump avait lui-même choisis, Neil Gorsuch et Amy Coney Barrett, ont d’ailleurs voté contre lui.
Le juge Brett Kavanaugh, qui faisait partie des trois voix opposées, a tout de même reconnu que le remboursement des milliards déjà prélevés serait probablement très compliqué. La firme à la pomme avait payé environ 1,4 milliard de dollars rien que sur le dernier trimestre de 2025, et aucun mécanisme clair n’existe aujourd’hui pour restituer cet argent aux entreprises concernées.
Apple ne peut pas encore crier victoire
Cette décision signifie concrètement que Donald Trump ne pourra plus menacer Apple d’une taxe spéciale de 25 % sur chaque iPhone importé, comme il l’avait fait au printemps dernier. La firme de Cupertino gagne en stabilité, d’autant qu’elle avait dépensé des centaines de millions pour réorganiser sa production et limiter sa dépendance à la Chine.
Apple ne devrait cependant pas revenir en arrière sur sa stratégie de diversification vers l’Inde et le Vietnam, car la pandémie de Covid-19 avait déjà montré les risques de tout concentrer dans un seul pays. La relation entre Tim Cook et le président américain a oscillé ces derniers mois entre rapprochements et tensions, au point que le patron d’Apple se dirait opposé à Donald Trump en privé, sans oser l’assumer publiquement.
