Vie privée sur iPhone : ce qu’Apple ne vous dit pas vraiment
L’Allemagne remet en cause l’équité du système de traçage d’Apple sur iPhone.
L’App Tracking Transparency, ce système censé protéger vos données personnelles sur iPhone, fait l’objet d’une surveillance européenne depuis plusieurs mois. En mars 2025, l’Autorité de la concurrence française a d’ailleurs infligé une amende de 150 millions d’euros à Apple à ce propos. Elle estimait que les applications tierces étaient désavantagées, car leurs fenêtres de consentement étaient complexes, alors qu’Apple ne s’impose pas les mêmes règles. En octobre, la firme affirmait subir des pressions de la commission européenne qui pourraient l’obliger à désactiver l’ATT sur le continent, ce qui a soulevé des inquiétudes concernant la sécurité des utilisateurs.
L’Allemagne avait de son côté également exigé que les règles soient révisées en février 2025, ce qu’Apple a accepté de faire. Après avoir effectué les changements demandés, Apple les a présentés au régulateur allemand, qui vient tout juste de rendre son verdict. Il est peu rassurant pour Cupertino.
Une révision jugée incomplète
Le Bundeskartellamt, qui représente l’autorité allemande de la concurrence, a examiné les nouveaux écrans de consentement mis en place par Apple. Il s’agit pour rappel du message qui s’affiche lorsque vous ouvrez une application qui collecte des données pour la première fois :

© Apple
Apple a accepté d’harmoniser la présentation entre ses propres services et ceux des développeurs tiers, en simplifiant le texte et le design. L’objectif affiché était de rendre l’expérience plus neutre. Pourtant, un point crucial continue de poser problème. Apple mesure toujours la performance de ses publicités, notamment dans l’App Store, sans demander votre autorisation. Les autres acteurs, eux, doivent afficher une demande de suivi précise et respecter des règles bien plus strictes. Cette différence de traitement pourrait désavantager les services concurrents.
Une menace potentielle pour la vie privée
La surveillance ne s’arrête pas là, puisque le régulateur allemand travaille désormais avec les autorités chargées de la protection des données pour approfondir l’enquête. L’objectif est de déterminer si le système d’Apple, même modifié, reste équitable sur le plan du respect du consentement.
Ce débat dépasse la simple concurrence car si Apple se voit forcée d’abandonner l’ATT ou de l’ouvrir à des règles plus souples pour les développeurs, cela pourrait exposer vos données à plus de risques. Aujourd’hui, ce système empêche une app d’accéder à votre comportement entre plusieurs services sans autorisation claire. Sa disparition ou son affaiblissement rendrait beaucoup plus facile le contournement de ces barrières.
Un développeur malveillant pourrait alors collecter discrètement vos habitudes, recouper vos achats avec vos déplacements, ou suivre votre navigation dans d’autres apps, sans que vous soyez réellement informé. D’autres ajustements sont possibles, et la solution la plus équitable serait qu’Apple s’impose la meme pop-up sur ses propres applications. Espérons que Bruxelles n’oblige pas Apple à désactiver la protection, comme préconisé en octobre.

Andre-34
7 décembre 2025 à 6 h 41 min
Espérons que Bruxelles n’oblige pas Apple à désactiver la protection, oui espérons le …