Apple refuse de se plier au DMA : la nouvelle riposte judiciaire est lancée
Apple semble contourner le cœur du problème en ciblant d’autres volets du DMA.
Vous payez peut-être certains de vos abonnements plus cher à cause des pratiques d’Apple sur l’App Store ! En mai dernier, Bruxelles accordait un ultimatum de 30 jours à la firme de Cupertino pour se conformer entièrement au Digital Markets Act. Cette sanction de 500 millions d’euros visait notamment à empêcher Apple de dissuader les utilisateurs de passer par des systèmes de paiement extérieurs à l’App Store.
Tim Cook et ses équipes viennent de riposter par une action en justice déposée le 30 mai dernier, en choisissant stratégiquement de contester d’autres aspects du Digital Markets Act.
Selon les informations rendues publiques par le Wall Street Journal, Apple semble éviter d’argumenter directement sur les taxes App Store et préfère détourner l’attention vers les exigences d’interopérabilité qui lui posent également problème.
Un nouveau front juridique sur l’interopérabilité
La firme de Cupertino s’attaque cette fois-ci aux règles qui l’obligent à rendre iOS plus compatible avec les appareils concurrents. Ces exigences concernent les montres connectées, les écouteurs voire les casques de réalité virtuelle des marques rivales comme Meta. Le DMA stipule également qu’Apple doit permettre aux développeurs tiers d’accéder à certaines fonctionnalités iOS habituellement réservées à ses propres produits.
Cela signifie concrètement que vous pourriez bientôt voir vos notifications iPhone s’afficher sur une montre connectée Samsung, ou profiter d’un appairage simplifié avec des écouteurs Sony.
Ce dernier point pourrait d’ailleurs enfin permettre l’ajout du codec Bluetooth LDAC de Sony dans iOS, qui offre une écoute audio bien moins compressée que le codec Bluetooth AAC limité à 264Kbps, qui est le standard chez Apple.
La Commission européenne exige aussi des transferts de données plus rapides entre les appareils Apple et ceux de la concurrence. Une démarche qui va bien au-delà des questions de commissions App Store.
Des arguments sécuritaires face aux critiques persistantes
Apple qualifie ces nouvelles exigences de profondément défectueuses et met en avant des risques pour la sécurité des utilisateurs européens. La firme affirme que ses concurrents demandent l’accès à des données particulièrement sensibles. Cela concerne notamment le contenu des notifications et l’historique complet des réseaux Wi-Fi. Ces informations restent normalement inaccessibles, même pour Apple selon un porte-parole de l’entreprise.
Cette stratégie défensive intervient alors qu’Apple refuse toujours de se conformer complètement aux règles sur les commissions depuis plus d’un an.
La firme continue d’afficher des écrans dissuasifs et de prélever 27% sur les achats externes. Elle accapare une grande partie des revenus qui pourraient servir à réduire vos coûts d’abonnement ou à mieux rémunérer les développeurs indépendants. Le sujet est également sur la table aux États-Unis, et il semble que la firme soit plus obéissante chez l’Oncle Sam.
Apple avait déjà qualifié ces sanctions de mauvaises pour l’innovation auprès de 9to5Mac, adoptant une posture qui semble objectivement anticoncurrentielle.

Rajito7
2 juin 2025 à 23 h 17 min
Apple a bien raison de ne pas se plier aux exigences de l’ue. Le système apple est fermé depuis des années et c’est un avantage indéniable.
SViger
3 juin 2025 à 1 h 21 min
Appairage… vraiment ? Voulez-vous faire référence au terme anglais, pairing? To pair ?. Le terme français existe déjà : jumeler, jumelage… Pourquoi angliciser le vocabulaire français ?