Un patient contrôle son iPad uniquement par la pensée : la révolution signée Apple (vidéo)
C’est une spectaculaire avancée médicale et un tournant pour Apple.
L’iPad, un prolongement direct du cerveau ? C’est ce que vient de démontrer une expérience inédite menée aux États-Unis. Le patient, Mark Jackson, souffre de sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi connue sous le nom de maladie de Charcot. Cette féoce pathologie neurodégénérative rare entraîne une paralysie progressive de tous les muscles du corps, jusqu’à empêcher de bouger, de parler ou même de respirer. Mais l’activité cérébrale, quant à elle, reste parfaitement intacte.
Pour Jackson, écrire un message sur un smartphone ou une tablette était naturellement devenu impossible, jusqu’à aujourd’hui. Ce, grâce à une puce cérébrale implantée dans une veine, développée par la startup Synchron et une toute nouvelle interface développée par Apple, intégrée à l’écosystème Apple en mai dernier. Grâce à la combinaison des deux, Jackson est désormais la première personne au monde à contrôler un iPad uniquement grâce à son activité neurologique.
L’iPad qui obéit à l’esprit
On savait qu’Apple s’intéressait de très près à l’accessibilité, mais cette fois, la marque a mis les deux pieds dans l’interface neuronale, et ce, avec brio ! Dans la vidéo ci-dessus postée sur YouTube par Synchron, il y a 13 jours, on peut voir Jackson naviguer dans les menus de son iPad comme n’importe qui pourrait le faire.
Comment est-ce possible ? Grâce à un implant baptisé Switch, développé par Synchron, qui capte les signaux moteurs du cerveau directement depuis un vaisseau sanguin. Celui-ci n’implique aucune opération chirurgicale lourde pour fonctionner, contrairement à d’autres interfaces cerveau-machine. En effet, la plupart d’entre elles nécessitent d’ouvrir le crâne pour poser des électrodes directement sur le cortex, ici, la puce est insérée dans une veine cérébrale.
L’autre clé de ce dispositif, c’est à Apple qu’on le doit. e. La firme a récemment introduit un nouveau protocole spécialement étudié pour fonctionner avec ce genre d’implant : le BCI HID, pour Brain-Computer Interface Human Interface Device. Ce système permet à l’implant de Synchron de communiquer avec un iPad comme s’il était une simple souris ou un clavier. Grâce à cette passerelle logicielle native, les signaux cérébraux captés par la puce sont ainsi traduits en gestes : tapotements, défilements, etc.
Pour Jackson, c’est forcément un immense soulagement : « Quand j’ai perdu l’usage de mes mains, j’ai cru que j’avais perdu mon autonomie. Aujourd’hui, avec mon iPad, je peux envoyer des messages, lire les infos, rester connecté… juste en pensant », explique-t-il.
Côté Apple, la portée symbolique de cette réussite est énorme, mais pas uniquement. L’intégration du protocole BCI HID dans iPadOS est la première vraie tentative de standardisation des communications neuronales vers les appareils électroniques grand public.
Tom Oxley, PDG de Synchron, s’en félicite également : « C’est la première fois qu’on voit un contrôle natif d’un appareil Apple exclusivement via la pensée. C’est une avancée technique majeure, et une fenêtre sur le futur de l’interaction homme-machine » a-t-il déclaré.
L’implant Switch est encore en phase expérimentale et reste au stade d’essais cliniques aux États-Unis. Il lui faudra encore franchir de nombreuses étapes réglementaires ; des phases d’évaluation (I, II, puis III), une validation de la FDA (Food and Drug Administration) ; et des années d’observation post-implantation pour s’assurer de sa sécurité, de sa tolérance à long terme, et de son efficacité sur une plus large population. Néanmoins, si cette technologie les franchissait avec succès, elle pourrait grandement améliorer la qualité de vie de patients, qui, comme Jackson, sont atteints de maladies neurodégénératives.
- Un patient atteint de paralysie sévère a réussi à utiliser un iPad simplement avec son cerveau.
- Le système fonctionne grâce à un implant développé par Synchron et un nouveau système de communication mis au point par Apple.
- La technologie est encore expérimentale, mais elle ouvre la voie à des usages concrets pour les personnes privées de leurs mouvements.
