iPhone Air : un MacBook Pro déguisé en smartphone ?
Plus fin que jamais et plus puissant que prévu.
Apple, depuis la sortie du tout premier iPhone en 2007, a toujours présenté ses téléphones comme des appareils à tout-faire, comparables en termes de puissance à ce que pourrait faire un ordinateur, mais dans un format miniaturisé. C’est d’ailleurs l’un des fils rouges du marketing de l’entreprise : la conviction que l’avenir de l’informatique personnelle se trouvait aussi dans nos poches.
Si cette comparaison a des limites, celles-ci se sont estompées depuis l’arrivée de la nouvelle fournée de cette année, encore plus si l’on regarde de plus près l’iPhone Air, le Pro et le Pro Max. Ces modèles étant équipés de la nouvelle puce A19 Pro, un monstre de puissance qui fait presque d’eux des ordinateurs à part entière.
L’A19 Pro : catégorie poids lourds
L’A19 Pro est un SoC (System on Chip) qui a été conçu par Apple pour repousser les limites du calcul embarquée et de muscler les téléphones l’équipant pour solidement les épauler lorsqu’ils exécutent des tâches liées à l’IA. Le Vice-président de l’architecture de plateforme chez Cupertino, Tim Millet, explique très bien l’intérêt pour son entreprise de fabriquer ses propres composants plutôt que d’aller les acheter à un fournisseur.
« Quand nous avons la maîtrise [NDLR : contrôle total d’Apple sur la conception de ses puces], nous pouvons aller au-delà de ce qu’il est possible de faire en achetant des composants du commerce. », souligne-t-il. Ainsi, cela lui permet d’intégrer des blocs de calcul spécialisés qui n’existent pas dans les puces standards du marché.
Au cœur de l’A19 Pro, c’est le GPU (unité de traitement graphique) qui a le plus évolué. Jusqu’à l’arrivée des iPhone 17, Apple avait réparti les tâches entre plusieurs composants : le Neural Engine, introduit en 2017 avec la puce A11 Bionic de l’iPhone X, était chargé des calculs liés à l’intelligence artificielle, et simultanément, le GPU ne disposait pas de cette capacité.
Ce n’est plus le cas de l’A19 Pro, dont le GPU intègre désormais des capacités d’accélération neuronale grâce à une puce baptisée Neural Processing Unit. C’est un circuit spécialisé capable de traiter directement les opérations matricielles lourdes. Ces opérations (des multiplications de matrices) sont la base du fonctionnement des réseaux de neurones en IA, qu’il s’agisse de reconnaissance d’images, de traduction ou de génération de texte.
Pour Tim Millet, cette nouvelle architecture propulse l’iPhone Air et consorts dans une autre cour : « Nous atteignons désormais des performances dignes d’un MacBook Pro à l’intérieur d’un iPhone ». Entraînements de modèles d’IA, traitements d’images complexes, calculs de reconnaissance vocale en temps réel : des tâches aujourd’hui que ce téléphone de quelques mm d’épaisseur peut encaisser sans souci.
Equipés de l’A19 Pro, ces smartphones surpuissants peuvent exécuter directement en local des opérations très gourmandes comme l’amélioration instantanée de photos et vidéos, la transcription en texte d’une conversation en direct, la traduction multilingue sans connexion internet, ou encore la génération de contenus (images, textes) à partir de simples requêtes. Ces traitements se font, de plus, en local, sans avoir à systématiquement échanger avec le cloud.
Apple met en avant trois avantages inhérents à cette conception. Le premier est de l’ordre de la confidentialité : les données sensibles (enregistrements vocaux, photos, messages) ne quittent pas l’iPhone. Le deuxième : l’efficacité énergétique ; puisqu’il n’y a pas de transfers avec des serveurs distants, les opérations, mêmes lourdes, ne tirent pas sur la batterie du téléphone. Le troisième et dernier : la réactivité ; puisque les calculs étant effectués sur place, la réponse est quasi instantanée.
Peut-on pour autant affirmer que l’iPhone Air est « déguisé en MacBook », comme l’interroge le titre de cet article ? Si l’on limite le raisonnement au processeur, la réponse est oui : l’A19 Pro est de la même trempe que les puces utilisées dans les Mac. Si l’on considère toutefois l’appareil dans son ensemble (taille d’écran, système d’exploitation, ergonomie), la comparaison sert plutôt à frapper les esprits. Oui, les smartphones du haut du panier proposés par Apple flirtent bien avec les performances brutes d’un ordinateur haut-de-gamme, mais restent prisonniers de leurs formats et de leur OS. L’iPhone Air/Pro/Pro Max sont des porte-étendards de l’ADN Apple (tout faire tenir dans la poche), mais Apple n’aurait aucun intérêt à les positionner comme des remplaçants.
- L’iPhone Air et ses déclinaisons (Pro et Pro Max) intègrent la puce A19 Pro, capable de rivaliser avec la puissance des ordinateurs Apple.
- Le GPU embarque désormais des unités dédiées à l’IA, permettant des traitements complexes (photo, voix, traduction) directement en local.
- Malgré cette puissance, l’iPhone reste un smartphone : son format et son OS le distinguent toujours d’un véritable MacBook.
