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Cybersécurité

Visioconférence, IA, suite bureautique : Proton accélère sur tous les fronts

Proton dégaine Meet et Workspace pour s’imposer comme l’alternative européenne crédible à Google et Microsoft.

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Proton meet
© Proton

L’Europe cherche depuis des années à desserrer l’étau des plateformes américaines sur ses données professionnelles. Pendant que les gouvernements débattent et que les régulateurs s’agitent, l’entreprise suisse Proton fondée par d’anciens chercheurs du CERN a décidé de répondre par les actes.

Longtemps cantonné à son rôle de messagerie confidentielle pour activistes, Proton s’est transformé en concurrent direct de Google et Microsoft et ses ambitions viennent de franchir un nouveau cap. À l’occasion du Forum International de la Cybersécurité de Lille, l’entreprise genevoise a officialisé le lancement de Proton Meet, un service de visioconférence, et de Proton Workspace, une suite bureautique unifiée.

Une montée en puissance méthodique

Rien dans la trajectoire de Proton ne ressemble à une success story de garage californien : pas de levée de fonds spectaculaire, pas d’introduction en bourse annoncée en grande pompe. L’entreprise a grandi en silence et capitalise sur chaque nouveau scandale de confidentialité, chaque révélation sur l’utilisation des données personnelles à des fins publicitaires ou d’entraînement de modèles d’intelligence artificielle. Le résultat est là : 100 millions d’utilisateurs et 100 000 clients professionnels constituent une base solide pour justifier une offensive sur le marché des entreprises.

Proton Meet en est l’illustration la plus récente : le service chiffre chaque appel audio, vidéo et message via le protocole MLS qui est un standard open source qui rend les conversations illisibles, y compris pour Proton elle-même. Ni Google Meet, ni Zoom ne proposent ce niveau de protection par défaut. Par ailleurs, aucun compte n’est nécessaire pour rejoindre une réunion et l’offre gratuite supporte cinquante participants pendant une heure.

L’un des points forts de Proton face à la concurrence américaine, c’est justement sa domiciliation en Suisse. L’entreprise échappe ainsi au CLOUD Act américain qui est une législation qui autorise Washington à contraindre des sociétés américaines à livrer des données hébergées n’importe où dans le monde. C’est une épée de Damoclès que plus de 74% des entreprises européennes cotées en bourse font peser sur leurs données professionnelles sans toujours en mesurer les conséquences.

Proton Workspace s’adresse directement à cette anxiété : la suite regroupe la messagerie Proton Mail, un calendrier, une solution de stockage, de la gestion documentaire, l’un des meilleurs VPN et un gestionnaire de mots de passe en deux formules à 12,99 et 19,99 euros par mois. La seconde formule inclut Lumo qui est l’assistant IA maison et qui a été conçu pour ne jamais exposer l’historique des échanges. “Nous constatons une forte demande pour Lumo AI, qui utilise un chiffrement robuste garantissant l’impossibilité pour nous d’accéder à votre historique”, a déclaré Andy Yen, PDG et fondateur de l’entreprise.

Proton vs google microsoft

© Proton

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Par : Keleops AG
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