Cette décision de l’Europe va impacter des millions de smartphones dès 2027
C’est une page ouverte en 2008 qui se tourne.
La souveraineté européenne est un sujet brûlant depuis de très longs mois, d’autant plus depuis l’introduction des nouveaux droits de douane sur les produits importés aux États-Unis. La Commission européenne veut réduire sa dépendance aux acteurs américains sur de nombreux volets, notamment sur le numérique.
Les fréquences satellites se trouvent aussi au centre des tensions entre l’Europe et les États-Unis. La Commission européenne s’apprête à adopter une proposition de loi historique sur l’attribution des fréquences satellitaires mobiles dans la bande 2 GHz.
La Commission européenne va reprendre le contrôle de la bande 2 GHZ
En 2008, l’Union européenne accordait aux acteurs américains Viasat et EchoStar l’exclusivité d’exploitation de la bande de fréquences satellitaires dite 2 GHz. Une bande essentielle puisqu’elle permet aux téléphones et appareils connectés de communiquer sans interruption dans les zones sans couverture terrestre. Il en va de même pour l’accès à l’Internet haut débit. Un accord qui arrive à expiration en mai 2027. La Commission européenne n’a pas l’intention de redonner les clés à Viasat et EchoStar.
Un texte porté par la vice-présidente exécutive Henna Virkkunen vient d’être adopté ce mercredi. Il vise à réserver deux tiers de la bande 2 GHz à des acteurs européens et seulement un tiers à des entreprises situées hors d’Europe. Une mauvaise nouvelle pour un Starlink, qui espérait probablement une plus grande part du gâteau.
« La mise à disposition en temps opportun de services satellitaires sécurisés, résilients, performants et innovants renforcera la compétitivité de l’UE et ses capacités de communication critiques. La connectivité par satellite est un élément clé de notre souveraineté technologique, de notre sécurité et de notre défense. », indique la Commission européenne dans son communiqué de presse.
Le règlement est en accord avec la législation sur les réseaux numériques (DNA), qui indique que l’ensemble du spectre satellite doit être autorisé au niveau de l’UE selon un ensemble de conditions unique afin de garantir la cohérence au-delà des frontières.
Le spectre sera ouvert en trois blocs : le premier appartiendra à un opérateur européen à même de couvrir les usages gouvernementaux. Le deuxième sera accessible aux nouveaux acteurs européens. Le troisième permettra aux entreprises hors-UE de se positionner. Le texte doit encore être adopté par le Parlement et les États membres.
« Plus que jamais, une connectivité par satellite à haut débit et largement accessible est essentielle pour renforcer la résilience des réseaux de communication de l’UE. Notre proposition permettra de fournir une connectivité par satellite et terrestre directement sur nos appareils mobiles, garantissant ainsi que toutes les régions de l’UE, et notamment celles où les réseaux terrestres ne sont pas disponibles, soient équipées d’une connectivité vocale et d’un accès Internet à haut débit. », se réjouit la vice-présidente exécutive Henna Virkkunen.
