Ils accusent Apple de leur avoir fait perdre 500 000 $, voici pourquoi
La firme de Cupertino est accusée de bloquer un concurrent pour son propre profit.
Apple a encore fait parler d’elle la semaine dernière en bannissant plusieurs applications créées par intelligence artificielle de l’App Store. Ce retrait s’ajoute à une série de suppressions qui ont aussi visé des apps de rencontre et des logiciels frauduleux, et les développeurs concernés reprochent à chaque fois à Cupertino de ne pas expliquer clairement ses décisions.
La plupart se contentent de contester en interne auprès d’Apple, sans que cela aboutisse. L’un d’entre eux vient cependant de franchir un cap en déposant une plainte devant un tribunal fédéral de Californie, selon le San Francisco Business Times.
Deux applications très rentables retirées sans explication
La société Ex-Human, basée à San Francisco, proposait deux applications populaires sur l’App Store. La première, Botify, permettait de discuter avec des personnages virtuels pilotés par intelligence artificielle, avec plus de 2,3 millions de téléchargements au compteur. La seconde, Photify AI, vous donnait la possibilité de créer des portraits et des avatars à partir de vos propres photos. Ces deux applications généraient ensemble plus de 400 000 dollars de revenus par mois.

© Photify AI
Apple les a retirées en évoquant des « activités malhonnêtes ou frauduleuses », sans jamais préciser de quels comportements il s’agissait. La firme a en parallèle bloqué environ 500 000 dollars de revenus déjà accumulés par le développeur. Ex-Human affirme avoir contesté cette décision à plusieurs reprises, sans obtenir de réponse claire.
Des accusations graves des deux côtés
La start-up ne se contente pas de réclamer ses revenus et reproche à Apple d’avoir agi par intérêt commercial. Le retrait de Photify AI aurait en effet coïncidé avec la mise en avant d’Image Playground, le propre générateur d’images d’Apple Intelligence. Ex-Human y voit la preuve qu’Apple a voulu éliminer un concurrent direct sur sa plateforme, alors qu’Apple l’avait classée parmi ses « développeurs à forte croissance ».
Le dossier n’est cependant pas aussi simple qu’Ex-Human le présente dans sa plainte. Le MIT Technology Review avait révélé que Botify hébergeait des personnages virtuels qui se faisaient passer pour des célébrités mineures dans des échanges à caractère sexuel, et Photify AI avait été critiquée pour sa capacité à produire des images dénudées de personnes réelles sans leur consentement. Les deux applications restent par ailleurs disponibles sur le Google Play Store. Cette affaire relance en fait un débat bien plus large, puisque la firme à la pomme peine elle-même à contenir les applications douteuses qui prolifèrent dans sa propre boutique.
