Test de l’iPad Pro M5 : pas la tablette parfaite, mais presque
Les iPad Pro M5 sont présentés par Apple comme ses meilleures tablettes. Sur le papier et dans les faits, c’est le cas. Malgré tout, notre test a relevé quelques inconvénients à choisir ces appareils. Ceux-ci sont-ils suffisants pour ajouter une ombre au tableau ? C’est ce que nous allons voir.
L’iPad Pro M5 est une tablette sortie en octobre 2025 chez Apple, prenant la relève de l’iPad Pro M4 paru en 2024. Il a été annoncé via un simple communiqué de presse, en attirant l’attention sur son nouveau processeur : Apple silicon M5. Sur le papier plus puissant que son prédécesseur M4, ce composant veut amener l’iPad Pro dans une nouvelle dimension, celle de l’I.A. plus spécifiquement.
Mais l’iPad Pro M5 n’a-t-il que cette nouveauté à proposer ? Et sans penser en termes d’améliorations par rapport à l’iPad Pro M4, est-ce dans l’absolu un bon produit ? Quels sont ses défauts et ses points forts ? Tentons d’apporter les réponses à ces interrogations dans le cadre d’un test complet de la machine.
La puce M5 dans toute sa splendeur
Commençons par ce qui semble se présenter comme le meilleur argument de vente de l’iPad Pro M5 : la puce du même nom. Trêve de bavardages : celle-ci offre des résultats époustouflants. Que ce soit avec des apps de montage ou de production musicale, la rapidité d’exécution est phénoménale. Il est très rare de voir la tablette ralentir, et ce même lorsque plusieurs programmes très gourmands sont ouverts avec Split View.
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Prudence cependant, car il existe des versions de l’iPad Pro M5 livrées avec « seulement » 12 gigaoctets de mémoire vive. Il s’agit de celles comportant 256 et 512 Go de stockage. À l’usage, et pour des processus lourds, cela peut sembler trop peu, en tout cas, loin de mériter une appellation « Pro ». D’autant plus quand on sait qu’aujourd’hui, des smartphones de marques concurrentes sont fournis avec 16 gigaoctets de RAM en configuration de base.
Espérons qu’Apple corrige le tir avec la prochaine version de sa tablette haut de gamme. En attendant, si vous voulez le maximum de mémoire vive sur votre iPad Pro M5, 16 Go, il faut veiller à bien choisir la tablette avec 1 ou 2 To de stockage, que ce soit pour les formats 11 et 13 pouces et les versions Wi-Fi et Wi-Fi + Cellular.
Un écran magnifique
L’écran des iPad Pro est excellent. Apple nous propose ici des diagonales de onze et de treize pouces, avec des contrastes très larges et une gamme de luminosité digne du grand écart de Jean-Claude Van Damme. Lors de sessions de streaming en fin de soirée, toutes les technologies embarquées par la dalle de l’iPad Pro offrent un résultat bluffant.

© Guillaume du Mesgnil d’Engente / 01net.com
En prime, l‘OLED de l’iPad Pro M5 est très réactif. Sa qualité devrait donc ravir les professionnels, que vise d’ailleurs la tablette sans se cacher. Atout non négligeable : son taux de rafraîchissement adaptatif ProMotion, pouvant atteindre 120 Hz. Les joueurs, vidéastes et professionnels de l’image, apprécieront.
Les écrans des iPad Pro M5 offrent tous une résolution de deux cent soixante-quatre ppp, avec un revêtement résistant aux traces de doigts. Lorsqu’il est question d’utiliser la tablette en plein soleil, c’est un atout non négligeable, d’autant plus quand on sait que la dalle est donc très claire, même dans ces conditions. Mais pour un appareil qui se veut nomade, c’est la moindre des choses, après tout.
Le système d’exploitation s’ouvre enfin !
Les iPad Pro de 2025 sont propulsés par iPadOS. Par le passé, les systèmes d’exploitation d’Apple ont pu s’avérer particulièrement limitants. Avec l’ouverture récente à la concurrence imposée par l’Union européenne, si vous utilisez la tablette au sein de nos frontières, vous devriez constater une nette amélioration de ce côté-ci. Et puis, depuis la version 26, iPadOS n’a jamais été aussi proche de macOS, avec une gestion avancée des fenêtres et des fichiers.

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En revanche, côté compatibilité des apps, la firme californienne pourrait encore faire mieux. Et pour cause : la société vend sa tablette comme un remplaçant de votre ordinateur portable. Or, bon nombre de logiciels ne sont toujours pas acceptés sur l’App Store iPad, surtout ceux liés à l’optimisation des tâches de travail, applications de presse-papier, de raccourcis, d’automatismes, etc.
Parfois, vous devrez donc retourner sur votre station de travail Mac, notamment pour des tâches requérant une puissance d’envergure ou l’ouverture de nombreuses fenêtres en même temps. En fait, même si iPadOS 26 a grandement changé la donne pour du réel travail productif sur tablette, le Mac reste selon nous encore à ce jour plus pratique à utiliser dans un cadre professionnel, sauf quelques exceptions (création d’images, graphisme, prise de note au Pencil, par exemple).
Autonomie de l’iPad Pro M5
Les iPad Pro M5 peuvent tenir toute une journée. Mais cette affirmation est un principe qui ne s’applique pas à tous les cas d’usage. Ainsi, lorsqu’il est justement question de contenus très gourmands comme un jeu vidéo AAA ou la lecture d’un contenu filmé en 2K, en luminosité maximale, alors il vous faudra recharger l’appareil avant le coucher du soleil.
La solution ? Il en existe de nombreuses, qui permettent de largement nuancer ces chiffres. Tout d’abord, l’iPad Pro se présentant comme une véritable station de travail, vous pouvez le garder branché afin de préserver la durée de vie de la batterie. Vous pouvez aussi investir dans une batterie externe, le cas échéant. Enfin, rappelons que pour un usage basique comme de la bureautique, alors l’électricité ne fond pas comme neige au soleil. Si bien que vous pourrez parfois passer plusieurs jours sans alimenter votre tablette.
Connectique : insuffisant
Avec un seul port USB-C, les iPad Pro M5 sont clairement trop peu fournis pour concurrencer directement un ordinateur portable, là encore.
En outre, nous sommes assez dubitatifs sur l’intérêt du Smart Connector au dos. Parfois, il peut être plus gênant qu’autre chose, car magnétique et attirant donc tous les trombones qui traînent sur votre bureau. Avec le Bluetooth et l’USB-C, n’est-ce pas assez suffisant pour garnir son iPad Pro des accessoires nécessaires ? L’ajout d’un petit hub USB-C peut par exemple grandement faire l’affaire si l’on a besoin de brancher plusieurs périphériques câblés à la machine.

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Notre avis sur les capacités photo de l’iPad Pro M5
L’iPad Pro M5 ne dispose pas de capteur photo ultra grand-angle. Cela peut être problématique dans certains cas. Par exemple, on sait que l’iPad Pro est très utilisé dans le BTP, où les professionnels s’en servent pour capturer des images de larges bâtiments. Les résultats offerts par le capteur grand-angle restent somme toute de bonne qualité. Mais quand on sait que la tablette coûte plus cher qu’un iPhone 15 Pro Max avec un objectif en moins, il y a de quoi faire un peu la moue.

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Design
Cet iPad est conçu en aluminium, comme ses prédécesseurs, avec un boîtier à la finition exemplaire et à la taille de guêpe. Il s’agit par ailleurs, avec l’iPad Pro M4 (les deux modèles M4 et M5 partageant le même design), de la tablette la plus mince jamais commercialisée par Apple, avec à peine plus de cinq millimètres d’épaisseur.

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C’est un véritable atout pour peser dans le sac à dos des plus jeunes et des travailleurs nomades. En tout cas, l’assemblage des iPad Pro M5 est de très bonne facture, malgré quelques petits détails qui auraient pu être facilement évités. On regrette, par exemple, que la machine affiche encore de bordures un peu trop larges autour de la dalle. En résulte un ratio taille/écran plutôt rebutant, au premier abord.
Et comme si cela faisait plus “pro”, le fabricant propose seulement deux coloris : Noir sidéral ou Argent. Mais avec un logo Apple au dos, qui se voit toujours comme le nez au milieu de la figure…

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Dommage qu’il soit si cher !
Avec l’iPad Pro, tout semble cher. La tablette seule en configuration de base, les options de stockage et de connectivité, les accessoires et même les réparations. Même si, et cela vaut le coup d’être souligné, en passant de la génération M4 à M5, la tablette a perdu 100 €.
Mais comptez tout de même 1 119 euros pour un iPad Pro M5 de onze pouces avec 256 go de stockage. Sachant qu’Apple n’inclut pas d’adaptateur-secteur dans la boîte (seulement un câble de charge USB-C). En passant à treize pouces, le tarif grimpe déjà à 1 469 euros, et même 1 719 euros si vous souhaitez que votre tablette soit compatible 5G.
Vous pouvez investir dans un Magic Keyboard pour transformer l’iPad en une sorte de simili-MacBook. Mais là aussi, les prix sont très rebutants. Du reste, bien qu’Apple vende cet accessoire comme un produit haut de gamme, sachez qu’il existe chez la concurrence (on pense à Logitech), des solutions qualitatives au tarif moins salé.

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Avec l’Apple Pencil Pro, cependant, c’est différent. Le stylet est clairement celui que vous devez choisir si vous avez un iPad Pro M5 entre les mains, notamment pour ses fonctionnalités particulièrement bien intégrées avec l’écosystème Apple.
Conclusion : notre avis
Nous voici arrivés au terme de ce test de l’iPad Pro M5. Vous l’aurez probablement compris, la tablette premium est pour nous un exemple de réussite. Sa puissance vertigineuse ne sera peut-être pas décelée par tout un chacun, mais ce n’est de toute manière pas la cible visée ici par la société de Cupertino. Pour les spécialistes, notamment les créateurs d’images, travaillant la 2D, la 3D, ou même pour les professionnels de l’audio ou encore de la vidéo, l’iPad Pro saura aisément remplacer une station de travail fixe, comme l’annonce le fabricant.
Malgré tout, la copie n’est pas parfaite. Pour la prochaine édition, on aimerait voir quelques optimisations çà et là. Pourquoi ne pas faire disparaître le Smart Connector, dont l’utilité semble questionnable ? Et au passage, on ne serait pas contre l’intégration d’un troisième capteur pour l’appareil photo arrière, l’iPad Pro se voulant “Pro” avant tout. Sans oublier d’y ajouter quelques gigaoctets de mémoire vive. Enfin, on rêve d’un design un peu plus bord à bord, pour y gagner en poids et en dimensions : à quand l’iPad Pro de 14 ou 15 pouces sans bords pour réellement venir concurrencer les MacBook Pro ? À bon entendeur…