ChatGPT vs Netflix : qui pollue le plus ?
Première étude IA basée sur des données françaises.
Alors que les géants de la tech se lancent dans une course effrénée à l’intelligence artificielle, la question de l’impact environnemental de ces technologies reste souvent dans l’ombre, ou est mal traitée.
On se rappelle par exemple des conclusions totalement exagérées que l’on a pu lire début 2025 concernant l’impact environnemental de l’IA. Lorsqu’OpenAI a sorti son nouveau générateur d’image plus tôt cette année, on pouvait lire un peu partout que « générer une seule image avec ChatGPT revient à détruire une forêt entière ». Cette affirmation était basée sur des interprétations extrêmes de données scientifiques, mal comprises, voire fantaisistes.
L’étude d’aujourd’hui nous apporte des chiffres précis, grâce à un audit environnemental réalisé par MistralAI. Il est basé sur des données françaises, et vous allez grâce à lui avoir une idée précise de l’impact réel de l’IA générative sur l’environnement.
Des chiffres qui font réfléchir
L’entreprise française a collaboré avec l’agence de conseil Carbone 4 et l’Agence française pour la transition écologique pour mesurer l’empreinte de son modèle « Large 2 » (plus ou moins équivalent à GPT-4o). Voici les résultats : chaque fois que vous posez une question à ce modèle d’IA, cela engendre une consommation de 45 millilitres d’eau et une émission de 1,14 gramme de CO2.
Si ces chiffres peuvent sembler négligeables à l’échelle individuelle, ils prennent une autre dimension lorsqu’on les multiplie par des milliards d’utilisations. Sur 18 mois, le modèle de MistralAI a ainsi généré 20,4 kilotonnes de CO2, l’équivalent de 4 500 voitures roulant pendant un an.
L’utilisation du modèle par des millions d’autres personnes a contribué à évaporer 281 000 mètres cubes d’eau, soit 112 piscines olympiques. Les chiffres peuvent paraître impressionnants, mais ils seront cependant à mettre en perspective avec d’autres activités du quotidien.
Streaming vs IA, qui consomme le plus ?
L’empreinte carbone d’une requête du modèle d’IA Large 2, qui se rapproche du modèle le plus utilisé chez OpenAI (GPT 4o), équivaut à celle de près d’une minute de visionnage de vidéo en streaming en France (55 secondes), sur une plateforme comme Netflix. Aux États-Unis, on tombe à 10 secondes, car le réseau énergétique est moins propre qu’en France.

© Mistral
D’autres études apportent des comparaisons intéressantes, notamment concernant les appels vidéo, qui ont aussi un coût environnemental. Une simple requête sur le modèle de MistralAI émet autant de CO2 que 4 à 27 secondes de Zoom, selon les estimations de la Mozilla Foundation.
Selon les chiffres de Carbon Literacy, vous émettez l’équivalent de 22,8 requêtes IA lorsque vous envoyez un long mail (environ 10 minutes de lecture) à un seul de vos contacts. Cette étude de MistralAI constitue une première étape importante rappelant que l’impact environnemental concerne l’ensemble de nos activités numériques, pas uniquement l’intelligence artificielle.
Cette transparence pourrait pousser d’autres acteurs comme OpenAI ou Google à publier leurs propres chiffres, permettant ainsi de comparer l’impact environnemental des différents modèles avant de les utiliser.
