iPhone : Londres voulait vos données, Washington a dit non
Ce coup de pression a fait reculer le Royaume-Uni.
En février 2025, Apple annonçait une mesure exceptionnelle qui pénalisait les utilisateurs dans le monde entier : le retrait de sa protection avancée des données (ADP) au Royaume-Uni. Cette décision répondait à une demande très inquiétante formulée un mois plus tôt, en janvier, par le ministère de l’Intérieur britannique.
Cela signifie plus concrètement que le gouvernement britannique souhaitait forcer Apple à introduire une porte dérobée dans iCloud, donnant accès aux sauvegardes chiffrées de tous les utilisateurs, quel que soit leur pays. Cela incluait potentiellement les vôtres, si vous possédez un iPhone. Plutôt que de compromettre la sécurité mondiale, Apple avait désactivé l’ADP uniquement pour les nouveaux utilisateurs britanniques, en promettant de défendre ses principes jusqu’au bout.
Un affrontement discret mais intense
En mars, Apple décidait de porter l’affaire devant un tribunal spécialisé. Elle contestait une injonction du gouvernement britannique, qui l’obligeait à modifier iCloud pour y créer une faille d’accès. Ce type de demande, baptisé « avis de capacité technique », permet aux autorités d’imposer des changements techniques à une entreprise privée. C’était la première fois qu’un tel mécanisme visait directement le chiffrement d’un service mondial.
En parallèle, les États-Unis exprimaient de plus en plus d’inquiétudes. Le sujet devenait en effet sensible au plus haut niveau du gouvernement, d’autant que les données de citoyens américains figuraient parmi les cibles potentielles. En juillet, le Financial Times révélait que Londres cherchait une issue discrète à cette affaire embarrassante. Le gouvernement ne voulait ni céder publiquement, ni détériorer ses relations avec Washington.
Une rencontre qui change tout
On apprend aujourd’hui qu’une rencontre début août entre Donald Trump et le Premier ministre britannique Keir Starmer a permis de débloquer la situation.
Over the past few months, I’ve been working closely with our partners in the UK, alongside @POTUS and @VP, to ensure Americans' private data remains private and our Constitutional rights and civil liberties are protected.
As a result, the UK has agreed to drop its mandate for…
— DNI Tulsi Gabbard (@DNIGabbard) August 19, 2025
Deux semaines plus tard, le 19 août, Tulsi Gabbard, directrice du renseignement américain, annonçait publiquement que le Royaume-Uni abandonnait sa demande. Elle affirme avoir travaillé avec Trump et JD Vance pour obtenir ce revirement. Pour Apple, c’est une victoire stratégique : la firme n’a pas eu à affaiblir son chiffrement, et vos données ne seront pas exposées aux autorités étrangères.
